Plumes 21 à 30

21.

Osera, osera pas ? Envie, impulsion, enthousiasme et en même temps, peur, aquoibonisme, perplexité. Sais même pas d’où elle vient cette idée de lire tout le catalogue Quidam Editeur. Et puis, bon, juste : pourquoi faire enfin ? Imagines, tu te lances, tu demandes même des livres en cadeau et t’en as marre au bout du dixième livre, tu te sentiras bien tiens… Ok, ok cher petit lutin, tu te sens de me protéger, je comprends bien et en attendant, je procrastine… comme d’hab.

Bon… et si on s’en foutait un peu de tout ça ou plutôt si on se disait qu’au pire échec et déception sont câlinables le cas échéant ? Parce que bon, je veux pas dire mais j’ai vraiment envie moi, je la sens cette affinité avec ce catalogue et ce besoin de me lancer un défi « libérateur » et puis merde quoi, t’aimes plus lire ? qui plus est des livres qui semblent pour la plupart excellents ? Alors ? Oui, je sais la peur… et bien, qu’elle embarque avec, voilà !

22.

Ha ces images d’œil crevé, de cœur qui continue de battre de longues minutes hors de son corps-réceptacle, de viscères ou de poissons encore frétillants placés dans la glace ou assommés… brrrr, vont rester gravées celles-là et me rappeler à mon végétarisme trop souvent mis entre parenthèse. Étrange comme les mots, la suggestion et l’imagination font davantage que des images crues.

(images dues à B.S. Johnson, « Chalut », Quidam Editeur, 2007)

23.

Livre clos. Me laisser imbiber, habiter, submerger… donner le temps au temps, que les mots et les phrases coulent et naviguent en moi… jusqu’à la nausée ? la régurgitation ?

24.

Voilà, c’est malin, Trump est élu et moi qui voulait écrire sur le livre de Johnson, je me sens toute habitée par cet esprit de révolte et ne pense qu’au livre de Vuillard. Oui, je me demande ce qu’on attend pour enfin faire peuple, pour changer de paradigme… et pour de bon. En même temps, je sais que je tiens à mon petit confort, celui de quelqu’un qui vit largement en-dessous du seuil de pauvreté mais confort tout de même. Après tout, j’ai un toit, je mange, j’ai du temps pour lire et jouer avec mon fils… et faut être honnête, j’y tiens à tout ça… alors la révolution… ouais, ben je sais pas, c’est ça sans doute la « servitude volontaire »… du coup, j’attends… que d’autres le fassent ou que rien ne se passe, que tout reste comme maintenant malgré les foutues inégalités, la violence, la mort… après tout suffit de détourner le regard… De s’indigner, de temps en temps, en paroles seulement, en prêchant quelques convaincus et en menant de petites actions entre nous… et puis de repasser à mes lectures, à mon quotidien… Oui voilà, c’est confortable !

Edit : et en même temps, c’est en prenant soin de moi de façon apparemment égoïste que je m’assure au moins de ne pas ressentir le besoin d’aller taper sur les autres (y compris ceux qui votent Trump) par peur, insatisfaction chronique ou haine-violence erronément dirigée…

Edit 2 : Ok, bon, ben au pire, on mourra tous… Ah oui, c’était déjà le cas… Je peux retourner lire alors😉

25.

A eu cette étrange image ce matin en revenant de l’école : celle d’éternels petits oisillons le bec grand ouvert attendant toujours leur becquée et condamnés à ne jamais pouvoir prendre leur envol…

26.

S’il est des lectures puissantes, il en est des envoutantes. De celles qui vous font presque regretter de les avoir finies juste avant le sommeil : entre des rêves trop vifs qui laissent un goût de malaise et d’étrangeté et un réveil des plus curieux où l’ouverture des volets provoque un mouvement de recul face à un ciel trop sombre et presque irréel… Suis-je dans les Landes ?

Jérôme Lafargue, « Dans les ombres sylvestres », Quidam Editeur, 2009.

27.

Et si j’écrivais ? Pas juste en passant sur Facebook, ni même juste quelques articles-ressentis par ci, par là. Non, genre un vrai livre avec plus d’une page. Puis-je la dépasser cette page ? Après tout, 1 page + 1 page + 1 page… De toute façon, faudra bien me faire à l’idée que je ne composerai pas un récit qui se tient avec un début, une fin et un corps de quelques centaines pages… Faudra bien que j’accepte mon impermanence, mon coqàlanisme et mes humeurs dignes des meilleures montagnes russes.

28. (13 novembre 2016)

Gorge serrée et tristesse… Mélange de désespoir et de colère… Non, surtout de la tristesse et du pourquoi… du pourquoi las et fatigué… Alors l’humour dans tout ça ? Pas maintenant ! OK ?! Pas toujours ! L’humour qui cache et qui silencie, je l’emmerde ! OK ?

(suscitée par un certain anniversaire et par une lecture : Stéphane Padovani, « L’autre vie de Valérie Straub », Quidam Editeur, 2012)

29.

Hier je cherchais le néant, le rien, le vide qui offre silence et repos. Ce matin, j’écoute Agnes Obel et je l’ai trouvé, dans ma tête et mon corps… Un tel vide qu’aucun mot n’émerge ce qui clôt cette plume venue d’on ne sait où…

30.

Et après Agnès Obel, Frédéric Fiolof (« La magie dans les villes », Quidam Editeur, 2016). Tout pour m’émerveiller ce matin : que de beauté, de douceur, de sourires, avec il est vrai quelques petits serrages de cœur mais quand ils émanent de tant de poésie, je les accueille avec tendresse… Je repars dans l’ouate de mon nuage…

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