Plumes 31 à 40

31.

Mais il n’y a pas que les livres et la musique, il y a aussi la vie et ses sourires que l’on attrape au vol. Il y eut d’abord ce bus du matin. Un être mi-clown mi-humain déjà âgé y est monté : « Salut les meufs » à deux dames dans la cinquantaine, « oh tu ne vas pas commencer, je te gêne peut-être… comment vas-tu ? Attention, assieds-toi ! » à cette septuagénaire toujours en béquilles et en plaintes, « alors, on est fatiguée d’être trop montée aux rideaux » à celle qui était enrhumée et enfin son salut enjoué des deux mains. Et ces conversations qui bruissent, la gaieté qui semble gagner tous les passagers. Après, il y eu cette jeune fille dans la rue, qui portait ce si beau sourire, elle devait comme moi descendre d’un bus enchanteur. Ensuite, les mains magiques du kiné sur mes épaules et ma nuque… ce toucher, cette détente… Un petit 10 minutes de lecture tout de même qui n’a fait qu’agrandir mon sourire, ça pique, ça mord, j’aime dirai-t-on sur Facebook… Et le pain d’épice en dégustation, bref orgasme gustatif. Enfin, les mots qui s’impriment sur l’écran et mon gros chat sur les genoux tout ronronnant de plaisir… Matinée exquise… je n’attends plus que la fée qui transformerait le gros chat en prince charmant afin de goûter à quelques plaisirs charnels, ultime cerise sur le gâteau…

(Inspirée de la vie, du pain d’épice, du bus enchanteur, du gros chat ronronnant et des premières pages de Vedrana Rudan, « Rage », Quidam Editeur, 2005)

32.

Heureusement ma bonne fée a compris mon humour. Car il faut vous dire que j’ai eu très peur après ma plume d’hier : je regardais mon gros chat d’un œil inquiet… et s’il disparaissait ? Or, comme j’aime mon gros chat, cela ne me seyait point. Mais c’était mal connaître ma bonne fée qui, experte es Alix, m’a plutôt rappelée au bon usage de ma main. Celle-ci s’est alors empressée de me causer quatre fulgurantes décharges dans le bas ventre remisant bien loin tout rêve de prince charmant.

33.

Il me faut m’abandonner aux plumes et rien qu’à elles. Elles sont moi, je suis elles : diverses,  totalement impermanentes, légères… ou lourdes quand elles sont mouillées, concises et brèves… mais pouvant s’étirer et se déployer s’il le faut, sans début ni fin, juste un souffle… un passage de vie.

34.

Le court livre de Stéphane Padovani m’a émue… vraiment et profondément. Curieux que les larmes n’aient pas coulé car la fin quand même ! Il m’a parlé d’amour… de la force de l’amour, de vie et de mort, de rédemption et de fatalité, d’espoir et de désespoir. Il m’a fait voir le pouvoir des mots qui survivent au temps et à la mort, qui franchissent les barrières, qui permettent d’exprimer ce qui ne peut être dit…

(à propos de « L’autre vie de Valérie Straub » de Stéphane Padovani, Quidam Editeur, 2012)

35.

Lorsque je me tais et que je laisse les mots des poètes me pénétrer et vivre en moi, j’entends ce murmure, cette voix qui forcit chaque jour, qui se hausse de plus en plus et qui ose enfin s’exprimer : « hé ho, écoute moi, j’ai des choses à te dire et à te faire dire… oublie les histoires, seuls les mots et leur poésie comptent. Cesse de justifier l’importance que tu accordes au style et à la langue des textes ! Sans cette poésie, il n’y a rien… rien qu’un pauvre divertissement. C’est le travail de la langue, le jeu avec les mots, la recherche de l’expression juste et vivante qui font le texte, le livre, sa beauté et tout son pouvoir, sa capacité de connexion à la profondeur et à l’intensité de la vie… »

Parfois, il est bon de redécouvrir l’eau chaude😉

36.

Suis-je trop perméable ?

Ce week-end lorsque je lisais Frédéric Fiolof (« La magie dans les villes », Quidam Editeur, 2016), ma petite voix intérieure minimaliste, monomaniaque et peu soucieuse des répétitions martelait à peu près ceci :  « Oh la la c’est beau ! Woaw, vraiment trop beau ! Et tellement juste avec ça ! Mais c’est moi ! Mon dieu que c’est beau ! Et si joliment formulé, fallait y penser… et cetera » (non… pas littéraire pour deux sous cette petite voix). Mon visage quant à lui était tout en sourires et étincelles dans les yeux… allant parfois jusqu’à la petite larme mélancolique. Tout cela, pour vous dire que j’étais joie, sérénité et contentement.

Or, aujourd’hui, je poursuis la lecture de « Rage » (de Vedrana Rudan, Quidam Editeur, 2005) et je me rends compte à quel point ce livre porte bien son titre. 50 pages et voilà que sa fureur coule en moi. Autant vous prévenir, ne me cherchez pas, cette boule de colère risquerait d’éclater. J’ai eu envie de hurler il y a 1 heure, crier mon ras-le-bol des conventions, de l’hypocrisie, de ma solitude qui ne peut pas vraiment se dire car bon, il y a des choses qu’on garde pour soi, c’est comme ça ma petite dame !

Oui, je pense que je suis trop perméable 😉

37.

Oui vraiment, il est incroyable ce livre, je m’y replonge à peine quelques instants afin de retranscrire certaines citations que revoilà ma petite voix minimaliste. Cette fois, elle ne s’encombre même plus de mots, juste des « rhoooooo… ». Et le cœur qui s’emballe… Et cette beauté paisible qui m’envahit… Non, vraiment, il est incroyable ce livre…

(à propos de Frédéric Fiolof, « La magie dans les villes », Quidam Editeur, 2016)

20161120-fiolof

38.

Parfois il pleut, beaucoup, beaucoup trop, infiniment trop, et le vent qui se dit que c’est le moment de montrer sa force. Aucun parapluie, aucun manteau de pluie ne vous sauvera, n’essayez même pas, il ne vous reste qu’à accepter : les pieds et les orteils nagent, le pantalon vous colle de façon fort séante mais fort désagréable, les mains rougissent et s’engourdissent : est-ce du froid, est-ce du chaud cette sensation au bout des doigts ? Mais arrêtez donc de courir, vous n’y échapperez pas…

39.

J’aime écrire (voilà c’est dit).

40.

Parfois j’aimerais ne pas être moi ou une autre moi. Une moi qui comprendrait les questions qu’on lui pose, une moi plus simple et peut-être même plus comme tout le monde, une moi qui saurait parler et répondre avec facilité et évidence, une moi qui existerait au milieu des autres plutôt qu’à la marge… une autre moi… parfois…

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