Plumes 41 à 45

41.

Il y a des jours où vraiment ça ne veut pas. Le moteur toussote encore et encore, on le laisse se reposer quelques heures mais rien n’y fait, impossible de démarrer. On ouvre le capot, on inspecte là ou encore là, on ne voit rien, ça énerve à la fin ! Elle a quoi cette bécane, merde ! Toujours se gripper comme ça, c’est lassant !

42.

Se sent bizarre. J’aurais pu mettre choquée… mais non, ce n’est pas ça. Plutôt l’impression d’avoir pris une claque, d’avoir été secouée dans des drôles de montagnes russes, d’être passée par tellement de phases (fou rire, fureur, fou rire, effroi, sourire, désespoir…) que je ne sais plus trop ce que je ressens… alors bizarre, pourquoi pas ?

(quand je referme « Rage », de Vedrana Rudan, Quidam Editeur, 2005)

43.

est à Bologne… Enfin j’y étais, il y a une heure… mais pas vraiment, j’ai plutôt cru y être… ou non… je devais être dans une cité étrange mélange d’une Bologne imaginaire et d’une Saint-Jacques-de-Compostelle telle qu’elle flotte dans mes souvenirs… entre le rouge et le brun… et surtout pleine d’arcades… et de places… et d’églises… D’ailleurs, j’étais assise sur les marches du parvis d’une église virtuelle et c’est là que j’ai vu une sirène plonger dans une mer de nuages…

(en partie inspirée par « La Tenda rouge de Bologne » de John Berger, Quidam Editeur, 2009)

44.

J’ai besoin d’un arbre, celui que je n’ai pas eu. Un arbre soutenant, solide, accompagnant, encourageant. Ok, je sais, j’ai 37 ans presque 38, l’arbre va falloir le trouver dans ma forêt intérieure, ok, je sais. Je le cherche, je le cherche… Je le cherche pour pouvoir l’échanger contre mon petit lutin protecteur voire sadique, celui qui me fait procrastiner, celui qui me plonge dans ces vagues de fatigue dès que je pense à écrire… oui, ce petit lutin-là, j’aimerais le laisser au pied d’un arbre, de cet arbre contre lequel je calerais mon dos pour mieux pouvoir avancer…

45.

Avis à la population belfortaine :
Ne vous inquiétez pas, mon état ne nécessite pas encore d’internement (enfin je crois). Bien que je sois habitée par quelques voix dont certaines capables de me faire rire apparemment seule, mes sourires francs et rires de ce matin étaient dus à un certain Comte et à son inventeur Philippe Annocque. Malgré ce qu’il affirme, je soupçonne ce dernier d’être tombé dans la soupe aux champignons quand il était petit ce qui expliquerait son imagination si débordante et hallucinante.

(Philippe Annocque, « Monsieur Le Conte au pied de la lettre », Quidam Editeur, 2010.)

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