Stéphane Vanderhaeghe – « Charøgnards »

Comment faire pour résumer ce livre alors qu’on ne sait finalement jamais ce qu’il s’y passe exactement… Le prologue semble dire que. Je m’y accroche mais ça ne suffit pas, le narrateur qui tient ce journal de ? est un faiseur de doutes. Jamais je ne saurai si les corbeaux, pies, freux et autres charognards envahissent réellement son village, si le monde touche à sa fin ou si le narrateur devient fou ou… ou… Parfaitement et totalement indécidable, au point que ça grince en moi ! c’est irritant à la fin ! En même temps, c’est le jeu, l’enjeu de ce roman et ma petite voix de revenir avec ces woaw, dans le genre on te tient en haleine et dans le flou, on peut difficilement faire mieux !

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Et il y a cette ambiance pesante, lourde, angoissante… Ces corbeaux qui se perchent sur le dossier du fauteuil, à la fenêtre, sur les toits des bâtiments, dans les arbres et buissons… Cette noirceur qui envahit tout… et la peur… la peur !

Par moments, je repartais dans « Le portique du front de mer » (Manuel Candré), des sensations proches de lourdeur, d’incompréhension, de dissolution…

« Mais demain pour l’heure est encore une fiction, comme hier au demeurant, pour moi qui suis désormais condamné à ce présent capricieux dicté par l’écriture. Demain ou le jour d’après ne sera jamais rien d’autre qu’une entrée vide dans ce journal, une ultime page vierge pour un temps différée et provisoirement biffée par des mots impuissants, un futur grammatical sans contenu. Pour le reste, on verra demain – précisément. »

Puis, cette écriture riche, superbe, si juste dans le rythme, dans le rendu de l’angoisse ! qui s’interroge elle-même ! et tellement inventive… L’utilisation de l’espace de la page, les calligrammes, les jeux avec la mise en page et l’impression… et revoilà les woaw ! il n’écrit pas seulement avec les mots et les phrases mais aussi avec la composition des pages, la mise en forme de l’espace, les (non-)lettres, c’est bluffant, attirant… et c’est beau… bel objet qui raconte autant que les mots qui y sont inscrits.

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Et cette magie des livres qui nous font ré-ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure : j’ai revu des corbeaux (ou corneilles ? ah non, on me dit des freux) dans les rues. Depuis combien de temps ne les avais-je pas vus ?

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Stéphane Vanderhaeghe, « Charøgnards », Quidam Editeur, 2015

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