Plumes 66 à 70

66.

Voilà, c’est foutu. J’étais presque contente de n’avoir que moyennement apprécié mes deux dernières lectures du catalogue Quidam. Je me disais : ça va commencer par devenir louche ton amour pour tous leurs livres, vont te traiter de vendue (qui ça ? je ne sais pas : eux)… alors c’est bien, tu vas leur montrer que tu ne l’es pas !

Sauf que la vie passant par là, a voulu me rappeler à l’ordre ou me rappeler tout court certaines choses : un premier essai de lecture non quidamesque et v’là que Marie Frering, c’était bien dis-donc… deuxième essai avorté de lecture non quidamesque… et peut-être que Miguel Duplan aussi tout compte fait… je m’en vais relire les passages obscurs… presque toujours aussi obscurs mais pas tout à fait… et puis surtout, je l’aime bien cette obscurité chantante. Oui, je l’aime bien !

En tout cas, je la préfère nettement à la linéarité et le « on vous dit tout » des récits plus dans l’air du temps et grand tirage. Qu’est-ce qu’ils m’ennuient à vouloir tout m’expliquer, à faire comme si tout était clair et à ne parler quasiment qu’au sens propre…

Ça ne colle pas, non ça ne colle pas : la vie elle, elle n’est pas cela ! La vie, comme certains livres, est exigeante, floue, obscure, elle se cache parfois et c’est peut-être bien ce qui la rend si attirante et si belle… comme certains livres !


67.

De retour de l’école : l’autoroute, le chant des oiseaux, mes pas sur le sol, l’autoroute encore (je pense même distinguer le son d’un camion), une voiture qui passe, les frottements de mon jeans, l’autoroute toujours, une camionnette, le claquement d’une portière, la ventilation du bâtiment… Je me demande ce que serait le silence total, un silence de morts, le vide auditif, juste un instant, juste pour « voir »…


68.

Sur le chemin de l’école : aiguilles, crochets, tricotins, bobines et pelotes de fil blanc ont été sortis de leur malle cette nuit. Partout des brides, chaînettes, dentelles, mailles à l’endroit, coulées ou serrées, toiles de macramé ou d’araignées garnissent le ciel, les arbres et les buissons.

Oh, comme c’est beau… Non ! c’est un jardin de sorcière !

Oui mais regarde ces fleurs blanches… Non, c’est pas beau ! J’ai peur ! C’est un jardin de sorcière !


69.

Sur le chemin de l’école : les sorcières ont encore frappé, toute la ville est recouverte de givre ! Mais attention, elles ne sont responsables que de la moitié du travail, les fées se sont chargées de l’autre partie de la cité… cette rue qui longe l’école trace la limite, la frontière entre leurs territoires respectifs !


70.

Avant l’école : des cris et des larmes… de la peur… non ! j’irai pas à la piscine !, de l’impuissance… des menaces… et merde… foutues menaces… t’as rien de mieux en stock Alix !!!
Je vais lui parler, t’iras pas dans le grand bassin, ça marche ?
Grand sourire, vite, on va être en retard !

Un enfant, 5 ans, assis sur le bord du grand bassin. Il a peur, ne veut pas y aller… La maître-nageur passe derrière lui et le pousse…

… Maître-nageur… pousse dans l’eau… enfant… peur…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s