Gabriel Josipovici – « Moo Pak »

Me voilà donc définitivement amoureuse de Gabriel Josipovici, enfin, de ses livres. Monsieur Quidam, vous allez tous les traduire-publier, dites ?

Lire Josipovici, c’est voguer, déambuler à ses côtés et aux côtés de ses personnages, c’est se nourrir d’une pensée érudite, foisonnante et contradictoire, en être émerveillé, c’est être (gentiment) bousculé ou à l’inverse se dire « oh oui, c’est ça, totalement ça », c’est se sentir en résonance avec une pensée-foutoir de vie.

« La pire façon de lire, dit-il, est quand on pense qu’on n’a pas assez de temps. La seule façon de lire est de savoir qu’il y a une quantité infinie de temps qui se déploie devant soi, et que si l’on ne désire ne goûter que quelques phrases par jour, on est libre de le faire. »

Lire Josipovici, c’est prendre son temps, savourer avec lenteur toute la richesse du propos, c’est le poser et le reprendre afin de s’en imprégner, c’est sûrement le relire.

Dans « Moo Pak », nous divaguons aux côtés de Jack Toledano, écrivain, qui aime se promener dans les parcs et rues de Londres en compagnie de ses amis. C’est d’ailleurs un de ceux-ci qui nous rapporte les conversations de Jack sous la forme d’un seul paragraphe-monologue.  Jack se confie sur sa vie et sur son prochain livre « Moo Pak » sur lequel il travaille depuis 10 ans, il discourt sur l’écriture et le travail de création, sur la société, sur la vie, livre sa pensée à contre-courant. En Jack, il y a du déraciné, du décalé, de l’inadapté plein de sagesse.

« Après avoir marché avec lui, je trouve une nouvelle capacité de travail, même lorsque les jours et les semaines précédentes n’ont pas été bonnes en ce qui concerne le travail. Il a cet effet-là. »

Lire Josipovici, c’est vivifiant, stimulant et nourrissant. Lire Josipovici, c’est lire un grand écrivain :

« Je pense aux grands écrivains, dit-il, non pas comme de grands enseignants mais plutôt comme de simples pelles et houes, qui aident à briser la terre dure, la terre apparemment aride de notre imagination, et la prépare pour la semaison et la croissance ultérieure des graines de notre propre imagination. »

Et si ce livre n’a rien d’un récit à suspens, sachez tout de même que la fin m’a vraiment surprise…

PS : et puis, je me relis, encore et encore, j’en discute et je me rends compte qu’il manque quelque chose. Lire Josipovici, c’est plus que tout cela, comme si tous les ingrédients dont j’ai parlé, une fois mélangés concoctaient une potion totalement mystérieuse (je serais bien incapable de l’expliquer et n’en ressens même pas le besoin) et ensorcelante. Josipovici, il faut le lire pour goûter cette magie…

Gabriel Josipovici, « Moo Pak », traduit de l’anglais par Bernard Hoepffner, Quidam Editeur, 2011.

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