Jean-Pierre Andrevon – « Les retombées »

Elle est avec François dans ce campement de réfugiés quelque part en France. Est, comme lui, immergée dans cette ambiance lourde, pesante, pleine de questions en suspension et de peurs : que s’est-il passé ? Que font-ils ici ? Qu’attendent-ils ? Que va-t-on faire d’eux ? Elle ne le sent pas, ça ne va pas bien se passer…

Elle referme le livre, ferme les yeux et reste là. Elle sent son corps, ce qui s’y passe : un poids sur la poitrine, elle respire vite, ce resserrement dans le ventre : de l’angoisse, de la peur. Pas de doute, dans ce monde d’après catastrophe, l’incertitude, le non-savoir et cette violence militaro-bureaucratique créent et entretiennent cette anxiété, les-la faisant osciller entre rébellion et apathie.

« Tous se levaient d’un bond, tous la peur au ventre – et ce n’est pas un cliché : la peur, c’est cette main chaude qui vous agrippe les entrailles, qui serre, serre, vous comprime les viscères, remonte en traversant le diaphragme, vous empoigne le palpitant juste à hauteur de vie. Et ça fait mal ! Et ça vous coince le sang dans les artères, et ça le relâche, et ça le recoince, et… »

Jean-Pierre Andrevon, « Les retombées », Le passager clandestin, 2015.

PS : lu dans le cadre de la Voie des Indés d’avril 2017 !

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